Du plan, des lits superposés et du reste

kids-01Vous savez, y’a deux ans, quand on me demandait « et maintenant, c’est quoi le plan ? » j’étais loin d’imaginer que le plan ça serait de m’installer dans un joli appartement après un an de folle passion avec un homme rencontré dans le métro.

J’étais loin d’imaginer que dans le joli appartement, il y aurait une chambre en plus, pour accueillir les Petites, issues d’un mariage foireux entre mon Fauve et une
(folle psychopathe dépressive)
dame absolument charmante. Ni que mes vacances, ça serait les présentations des petites à mes parents…

Vous voyez, le schéma communément admis, c’est qu’on emménage et qu’on se marie, qu’on tombe enceinte et que pouf, ça fait une famille. Tenez, même une amie à moi me l’a dit l’autre jour : « un bon point pour ce mec que j’ai rencontré, c’est qu’il n’a jamais été marié, et qu’il n’a pas d’enfants ! » Oui. Voilà. Et puis des : « moi, j’aurais pris mes jambes à mon cou » D’accord. Si vous en avez d’autres, partagez, je les collectionne.

Je ne réclame pas de médaille, je ne tiens surtout pas à ce que l’on m’envoie des regards pleins de commisération et de pitié mélangés. Ce genre de réaction, c’était au siècle dernier, non ? Des familles recomposées, il y en existe à la pelle. Je ne suis pas plus courageuse ou vertueuse qu’une autre. Sincèrement, si vous connaissiez mes motivations profondes, vous rayeriez tout de suite la vertu de la longue liste des qualificatifs souvent donnés (ils vont de « complètement inconsciente » à « absolument angélique » mais aucun n’est vraiment justifié, quoique… pour l’inconscience…on en parlera…)

Parce qu’avant que les Petites n’entrent dans le schéma, il y avait seulement le Fauve et moi. Elles restaient en périphérie, comme une image abstraite dont on n’arrive à saisir les contours que lorsque l’on nous donne les clés pour enfin la comprendre. Dans mon champ de vision, pendant près d’un an et demi, je n’ai eu que Lui, nos nuits et la construction d’un couple aussi évident que fonctionnel. Les Petites vivants à l’autre bout de la Terre, c’était bien pratique pour moi. Pour Nous. Oui, bien sûr, je savais que tôt ou tard, elles cesseraient de n’être que des concepts évanescents pour être pleinement palpables, mais, sincèrement, ça n’embarrassait que très rarement mon esprit. J’étais trop occupée à être heureuse avec le Fauve.

Je ne vais pas mentir, j’ai appréhendé leur venue. Égoïstement, d’abord, par crainte de voir le Fauve changer. C’est vrai. Il aurait pu se transformer en Papa, qui parle d’un ton pontifiant à la petite écervelée sans expérience que je suis, lui prodiguant, avec une sagesse condescendante, des conseils nullement réclamés et particulièrement embarrassants. Et puis, par manque de confiance en moi aussi je suppose. N’ayant jamais été bien proche des enfants, relativement agacée par leurs bruits, leur petite taille et leurs turbulences niaises (« regarde j’ai fait un prout! hahaha! C’est trop drôle ! » *gêne* ) Je me disais que j’aurais beaucoup de mal à bien appréhender mon nouveau rôle de baby-sitter non payée.

Et puis les voilà. Je ne suis pas moins heureuse, je le suis au moins dix fois plus. Voire cent. Ou mille. Ou alors, on ne peut pas compter, parce que ce n’est pas quantifiable. Déjà, le Fauve rayonne. Et un Fauve rayonnant, c’est vraiment sexy à regarder. Ensuite, elles sont craquantes dans leur manière de m’accorder leur confiance sans hésitation ni méfiance. Et puis, enfin, c’est rassurant de savoir que le jour où nous auront le nôtre, on sera au top et vachement bien préparés. En attendant, j’ai même pas eu à prendre 20 kilos pour accoucher dans la douleur. Tout ce qui a souffert dans cette histoire, c’est mon compte en banque, vidé par la déco de la petite chambre en plus. Pour le reste, il y a juste deux petits être craquants qui viennent spontanément me câliner pour m’empêcher de partir au travail. Les fourbes.

Vous savez, parfois je me dis que les gens se posent tellement de questions et de problèmes qu’ils en oublient complètement de vivre. Vivre les situations, les relations, bonnes ou mauvaises, sans avoir besoin de se couper les cheveux en quatre. Oui, il y aura des conflits à régler, bien sûr que tout ne coulera pas de source et qu’il faudra apprendre à surmonter les difficultés. Et bien, on verra à ce moment-là, non ? Et puis pourquoi prendre ses jambes à son cou sous prétexte que l’autre a vécu avant vous ? C’est terrible comme réaction… Ça me fait penser à ces gens qui vous disent « t’imagines pas comme tu serais taxée si t’achetais cette baraque de fou au bord de la mer, et les frais d’entretien…houlala… » Oui, et ? J’aurais quand même une superbe maison avec vue sur la mer et ça me rendrait heureuse. Je pêche peut-être par optimisme forcené, sûrement d’ailleurs. Mais quoi ? Faudrait passer à côté d’une histoire formidable parce que le mec a déjà des enfants et une ex
(complètement folle)
Absolument délicieuse ? « Et le jour où t’en voudras, des enfants ? » Ben, j’en aurais, le Fauve, il adore être papa, donc, jamais deux sans trois, hein. « Et son ex ? » Qu’elle râle, moi j’ai la position où c’est presque un devoir d’être trop cool. Vous voyez, trop de questions, alors que les réponses sont tellement évidentes. Et si, quelquefois, ça arrive d’avoir peur, parce que c’est souvent ainsi que l’on réagit à une situation inattendue, ça n’est pas une raison suffisante pour refuser d’avancer et de se laisser surprendre par ce qui pourrait être une magnifique surprise.

Aller, je vous laisse, j’ai un tas de câlins et de bisous à recevoir et à donner.

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Boulet retardé

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