Naissance et mort d’une bombe vengeresse

bombe08

Je crois qu’en ce moment, les hommes et moi, nous sommes un peu fâchés. Je pense même discerner, bien tapie au fond de moi dans les méandres les plus obscures de mon inconscient, une certaine dose de mépris envers chaque représentant de la gent masculine. Comment formuler ça de la façon la plus simple, la plus nette possible ? Je me sens incapable d’en aimer un. Je vais même aller plus loin, je pense que si aujourd’hui l’homme le plus merveilleux du monde venait à moi, je serais capable au mieux de l’ignorer superbement et au pire de jouer avec jusqu’à ce qu’il en ait marre et finisse par prendre les jambes à son cou.

Je ne mens pas et je suis très sérieuse. Messieurs, si votre opinion m’importait, je pourrais prendre la peine d’être sincèrement désolée, mais ça n’est pas le cas. A mes yeux, vous êtes tous tombés, il y a 6 mois, dans le même panier. Vous avez deux cerveaux et celui du haut ne vous sert généralement que pour vous permettre de faire fonctionner celui du bas. Ce panier-là. Pas un seul ne déroge à cette règle et c’est très bien comme ça. C’est très bien car s’il y a un sentiment que je me refuse à ressentir de nouveau, c’est celui de la culpabilité. Entendez-moi bien, j’ai passé 5 ans à culpabiliser d’être trop ceci ou pas assez cela, essuyant chaque remarque et chaque reproche. 5 ans et quelques mois en plus, le temps de me refaire une santé.

C’est pour ça que lorsque le Ver de Terre, encore lui, a tenté de faire renaître ce sentiment dans mon petit cœur tout juste cicatrisé, il n’y a rien eu d’autre que de l’indifférence crasse doublée, je suis terrible, d’un petit sourire cruel dissimulé derrière de la feinte candeur.

Le Ver de Terre : Tu ne donnes plus de news ?

La Bombe : Je suis en vacances et non, je ne donne pas de news. Bonne continuation.

Le Ver de Terre : Et je peux savoir pourquoi ? J’en ferais pas toute une histoire !

La Bombe : Parce que j’ai pas envie…parce que j’ai pas trop aimé la nuit avec toi et que j’ai pas l’intention de recommencer. C’est tout.

A ce moment-là, je suis forcée de le reconnaître. C’était pas sympa. Vraiment pas. Il faut le savoir, quand un homme vous demande d’être sincère, en vrai, il n’a aucune envie que vous le soyez. En racontant cet épisode, une amie me l’a même confirmé : « Personne n’en veut, de ta sincérité ! ». Je le saurais. Je ne pouvais pas deviner, je débute tout juste ma carrière de briseuse de burnes. Et je pourrais me sentir mal vis-à-vis de ce pauvre garçon qui a probablement dû souffrir le martyre en s’entendant dire qu’il n’était définitivement pas un très bon coup, mais non. D’ailleurs, son psy me remerciera probablement un jour. Alors je ne ressens rien. Absolument rien. Zéro. Nada. Et ça donne le vertige. Il n’y a pas si longtemps, j’en aurais vraiment souffert, de savoir que quelque part en ce bas monde quelqu’un puisse me haïr. Je voulais tellement être aimée de tous.

En lisant ses multiples récriminations sur mon manque total de respect, mon silence dévastateur et sa prétendue inquiétude en n’entendant plus un mot de ma part suite à cette nuit désastreuse, j’ai bien senti un picotement, un faible rappel à l’ordre de ma conscience. Ok, je n’aurais pas dû faire la morte. Et pourtant…un instant, j’ai senti des collants rouges sous mon short, une ceinture dorée est venue s’enrouler autour de ma taille et un justaucorps bleu roi a recouvert mon épiderme. Des ailes m’ont poussé dans le dos et un diadème éclatant est venu ceindre mon front vengeur. J’étais une héroïne des temps modernes. Une redresseuse de torts. L’ange de la destruction venue racheter les larmes de toutes les pauvres filles qui passent des heures devant leur portable en espérant qu’il daigne les rappeler. Une victime devenue bourreau. Un sceptre venait d’apparaître dans mes mains et je le contemplais avec émerveillement. J’avais un nouveau pouvoir. Je pouvais faire mal, moi aussi. Flottant à quelques mètres du sol, j’étais en train de me dire qu’un grand pouvoir vient avec de grandes responsabilités quand un message est apparu :

« L’égocentrisme parisien dans toute sa splendeur. Bye. Le Ver de Terre» (il n’a pas signé le Ver de Terre, je vous le précise pour que vous ne soyez pas perdus)

Ah. Bon. Donc, je suis juste une casse-burne parisienne banale. Sceptre, diadème et ceinture dorés se sont volatilisés. Ce n’est pas grave, je peux vivre avec ça. Je n’en ferais pas toute une histoire, moi.

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Boulet retardé

3 responses to “Naissance et mort d’une bombe vengeresse”

  1. Marion - Le Monde des Loups says :

    Petits soucis avec les mecs on dirait…

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