Le concept de l’oiseau de proie

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L’autre soir, entre 2h et 3h du matin, je ne sais plus exactement car tout était flou, un homme a fondu sur moi comme un aigle sur sa proie et j’ai cru disparaître dans sa bouche immense. C’était la première fois qu’un homme posait ses lèvres sur les miennes depuis ma récente rupture et sur le coup, je n’ai pas vraiment compris ce qui se passait.

Pourtant, je n’étais pas surprise. Je savais que cela arriverait. Dès l’instant où je me suis décidée à passer cette petite robe noire moulante (achat post-rupture compulsif et symptomatique, toi-même tu sais)  j’ai su que ce soir ne serait pas un soir comme les autres. La première fois qu’il m’a regardé et parlé, j’ai su, également, que cela serait lui. Je ne l’avais pas choisi, et c’est probablement ce qui me posait problème, mais je savais.

Après, je ne pense pas qu’il ne s’agisse que de la robe. Je sais le pouvoir de ce petit bout de tissu, je l’ai même baptisée l’Arme Fatale de Destruction Massive numéro 1, mais je suis également lucide. Autant la symbolique de cette robe est évidente, autant je suis persuadée aujourd’hui que mes fêlures étaient visibles. Une proie facile en somme. Du tout cuit.

Il ne s’y est pas trompé, le drôle d’oiseau. J’ai eu beau me dire  » non, je ne veux pas, il peut tenter ce qu’il veut, de toutes façons, il m’intéresse pas « , il n’empêche qu’à 2h ou 3h du matin, j’avais ses lèvres collées contre les miennes et un vague sentiment de faiblesse et de traîtrise personnelle. A ce stade, tout était encore possible, je pouvais gentiment le rembarrer, avec douceur et diplomatie lui faire comprendre que je n’étais pas ce genre de fille et…attends un peu. Quoi comme genre de fille? Le genre avec un coup dans le nez, qui n’a eu personne depuis des mois, qui est en manque d’affection,… je continue ? Je lui ai rendu son baiser, je l’ai même serré un peu plus fort et ça a duré des heures et des heures et des heures. Des baisers entrecoupés de conversations stériles, de tentatives d’humour et de mise en confiance.

Ça y était. J’étais de retour dans le grand bain. Il avait suffit d’une robe noire et d’un air perdu. Pas de quoi faire la fière. Et pourtant…Il m’a permis d’y voir plus clair. Un peu comme si j’avais ouvert les yeux dans l’eau et constaté qu’il n’y a rien à voir et que le plus intéressant se trouvait à l’extérieur. A l’extérieur, il y a avait mes amis, la fête qui battait son plein, la danse, les rires, la liberté. L’oiseau de proie m’a fait comprendre que je n’aimais pas être une cible facile. Que je voulais avoir le choix.

C’est pourquoi, lorsqu’il est enfin parti, me disant d’un air convaincu qu’il était certain que je le rappellerai, j’ai pris la décision de n’en rien faire. Je suis remontée tranquillement, apaisée, mes chaussures à la main, je les ai posées à l’entrée, la musique m’appelait. J’ai souri. J’ai dansé.

Et, plus tard, lorsque mon ami, je l’appellerai le Renard, a posé ses lèvres sur les miennes, en toute amitié, et j’en garde un souvenir plus tendre que les moments passés avec l’oiseau de proie. Je crois que cela traduit bien ce que je recherche en ce moment. Une tendresse décomplexée, libre de tout sous-entendus, et la certitude que je n’ai ni envie, ni besoin, d’un quelconque homme dans ma vie. Pour quoi faire? Si ce n’est manquer la plus belle partie de la fête?

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Boulet retardé

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